Années 70, vers un artisanat authentique

Chaudronnier, dinandier, ferblantier.
Choix des matières, des outils et du geste artisanal.

Positionnement clair et déterminé vers une activité et une philosophie artisanale qui laisse sa liberté à l’artisan qui la pratique.

Matière maîtrisée par la main de l’artisan, outils manipulés par la main de l’artisan. Formes uniques. Seule chance pour l’artisan de ne pas se faire avaler par l’industrie et le commerce : la fabrication d’objets authentiques à forte valeur ajoutée.

Engagement dans la Corsicada, mouvement artisanal englobant des artisanats de tous métiers. L’authenticité s’inscrit alors — nous sommes juste après 68 — dans la culture locale et régionale. Remettre à jour les racines culturelles et traditionnelles pour redonner vie à la création authentique.

1985, vers la forge de lame et le renouveau du métier de fèvre coutelier

En 1985, le GRMT (Groupement pour la Recherche sur la Métallurgie Traditionnelle) fait venir Bill Moran au Musée du fer de Vallorbe en Suisse, et quinze stagiaires participent à cette formation qui porte sur la forge de lame et le feuilletage des aciers.

Le GRMT étant placé dans une philosophie liée à la pratique des arts martiaux orientaux, la forge transmise pendant cette session en possède la rigueur et l’éthique. Christian Moretti est de ceux-ci. Dés lors il adopte définitivement ces techniques qui vont dans le sens de sa propre éthique de l’artisanat. Il est l’un des premiers à exposer internationalement des pièces en aciers forgés et feuilletés à Berne et Zurich (avant même l’existence du SICAC).

1989, vers le renouveau, la métallurgie traditionnelle

En 1989, toujours sous l’impulsion du GRMT et de celle du Musée de Nancy, un groupe d’adhérents du GRMT se cotise pour faire venir du Japon deux maîtres japonais, Maître Ono Masami et Maître Wakita Ryosui, qui viennent transmettre leurs connaissances des méthodes traditionnelles de fabrication des sabres japonais. Il s’agit cette fois de partir de la matière première, le minerai, pour aller jusqu’à l’objet fini, le sabre, le Katana.

Christian Moretti
fait partie de ceux-ci et trouve enfin le moyen de l’indépendance totale de l’artisan fèvre coutelier. Désormais toute son énergie est orientée vers l’acquisition de la maîtrise du procédé de réduction directe du minerai qui est le seul procédé qui peut être maîtrisé par un homme seul. Son objectif : être autonome dans la production de ses propres aciers.

1990, vers le partage et la transmission des savoir-faire métallurgiques :
Création du Centre d’Ethnographie et de Recherche Métallurgique (CERM) avec Jo Antonini

Objectif de l’association : centraliser les informations sur la géologie, l’histoire, la métallurgie de la Corse, lieu très ancien de métallurgie, pour créer un espace de partage et de transmission des savoir-faire anciens sur la métallurgie traditionnelle. Ces recherches portent sur les métaux : fer et cuivre, bronze, étain et plomb…

Le CERM a permis l’éclosion de la coutellerie Corse et l’essaimage de nombreux professionnels à travers l’Europe.

1998, vers le renouveau du métier de féron

Décidant délargir son travail de transmission à un espace national, Christian Moretti décide de coopérer avec l’association « Elementa » qui travaillait depuis 1991 à la revalorisation des savoir-faire des artisanats des métaux. Il ouvre dans ce cadre la première formation de métallurgie artisanale.

Depuis, Christian Moretti dispense ces formations au sein de METALLICA.