Métallurgie Artisanale®

Christian Moretti, un savoir-faire de Féron®.

« Si l’on décide de se détourner de l’aspect industriel que la sidérurgie actuelle a dépouillé de son aspect céleste (sidéros, en grec) pour porter son attention sur l’aspect artisanal et universel de la métallurgie,
on en ressent immanquablement l’exigence précieuse et sacrée.

Pourtant.

Quoi de plus banal qu’un bas fourneau : simple cheminée élevée en terre, briques ou en pierres, ses dimensions à échelle humaine, se situant entre un ou deux mètres de haut,
ne lui confèrent aucune prestance esthétique digne d’admiration.
Quoi de plus banal aussi qu’un minerai de fer : pierre parmi les autres que l’on foule le plus souvent, ou que l’on utilise en fondations et remblais, inconscient de l’âme qui y sommeille.

Mais pourtant.

Qui peut prétendre rester indifférent en présence du déroulement alchimique d’une réduction de minerai de fer. Et à fortiori quel Féron® peut prétendre ne pas avoir été happé et bouleversé
par sa fonction d’alchimiste accoucheur ?
Depuis la nuit des temps, et en tous lieux du monde, l’homme chargé de la réduction du minerai de fer occupe une place particulière au sein de la société. Demi-dieu qui rivalise avec les dieux en fabricant les outils.
Démon à part entière en fabricant les armes. Crainte et respect mêlés sont l’insigne d’un homme
dont la société exige et reconnaît conscience et sagesse.

Où est le Féron® aujourd’hui ?

En parcellisant les tâches, l’industrie sidérurgique a dépouillé les hommes de leur capacité à maîtriser un processus. Vidant les gestes de leur objectif et de leur sens, elle a doucement habitués ses ouvriers à accomplir des gestes dé-conscientisés, désengagés. Moyen puissant de potentielle et subtile manipulation.
Le bas fourneau est un outil d’artisan. Homme responsable de la couleur de la conscience qu’il insuffle au métal. Travail en conscience. Donneur d’âme.
Choisissant seul de revêtir son personnage demi-dieu ou sa peau de démon. »


Mayn Séry


Les métaux premiers issus de la réduction directe

Les aciers de bas foyer possèdent des caractéristiques connues et vérifiées au sein de METALLICA par Christian Moretti et confirmées par l’observation des métaux encore présents dans des ouvrages de ferronnerie antérieurs au XVIIIe siècle.

Christian Moretti qui les produit et les travaille depuis près de 15 ans peut parler :
— De leur malléabilité ;
— De leur soudabilité à la forge sans égale ;
— De leur dureté indépendante de la présence du carbone ;
— De leur résistance à la corrosion par les acides ou par l’eau ;
— De l’acuité de leur fil de coupe.
Ces caractéristiques ne se retrouvent pas de manière similaire dans les fers très doux récemment commercialisés pour les artisans.

Procédé de la réduction directe

Qu’est ce qu’un bas foyer ?

Le bas foyer est un foyer dans lequel le Féron® réunit les conditions favorables à une réaction chimique. Cette réaction chimique consiste à isoler la molécule de fer des autres molécules qui lui sont associées au sein des minerais. Cela exige plusieurs étapes.

Première étape : la préparation des minerais

Les minerais
Les minerais
Quelle que soit la nature de ces pierres que sont les minerais, il faut les nettoyer des substances indésirables par chauffage pour celles qui se transforment en gaz (exemple : le soufre), et par lavage pour celles qui se dissolvent dans l’eau.
Les oxydes magnétiques
Les oxydes magnétiques
Il faut aussi les transformer en oxydes magnétiques, car bien peu de minerais se présentent sous cette forme. Cela se fait par grillage et permet ensuite de poursuivre l’épuration et donc la concentration par aimantation.
On a ainsi obtenu un minerai magnétique, ce qui indique une forme particulière d’oxydes de fer nécessaires à la réduction du minerai en fer dont la formule chimique est Fe3O4.
Cette phase demande donc, cueillette du minerai, concassage, grillage, lavage et aimantation.

Deuxième étape : la réduction du minerai en fer

Loupe au sortir du four
Loupe au sortir du four
Le foyer en forme de cheminée élevée en terre, briques ou pierres — pour la plupart des bas foyers utilisés à ce jour dans tous les pays du monde, ou qui peut se concevoir en tout autre matériau — peut être complété d’une instrumentation actuelle. Il s’agit de maintenir une température convenable (ni trop basse, ni trop haute, aux environs de 1 100 °C dans la cheminée et 1 300 °C au cœur du foyer) et de provoquer la présence d’un gaz qui vient dépouiller le fer de l’oxygène qui lui est associé. Le charbon de bois produit d’une part la température nécessaire, d’autre part il s’associe à l’oxygène en créant du gaz carbonique.
Loupe refroidie
Loupe refroidie
Préchauffé pendant deux ou trois heures, le bas foyer est rempli de charbon de bois puis nourri régulièrement de minerai et de charbon afin de le maintenir plein pendant quatre à cinq heures.
Une alimentation en air par tuyère amène l’air nécessaire à la combustion.
Au cours de leur descente le long de la cheminée, les grains d’oxydes de fer libèrent leur oxygène puis s’agglutinent au fond du bas foyer sous forme de grains de fer, mous et pâteux (jamais liquides). Ils s’amalgament progressivement et prennent une forme d’énorme lentille appelée loupe de fer.

Troisième étape : la transformation en lingot de métal

Feuilletage
Feuilletage
Après quatre ou cinq heures de cuisson, il faut ouvrir la porte du bas foyer et sortir avec des pinces la loupe qui repose au cœur du foyer rempli de charbon de bois incandescent. Aussi jaune que le soleil, la loupe est extraite du bas-foyer.
Lingot
Lingot
Elle peut ensuite être travaillée à chaud, par martelage au marteau pilon pour la transformer en lingots.
Elle peut aussi être forgée en plaques qui sont fracturées à froid et dont les morceaux permettent de constituer une palette, ou trousse.
Cette trousse est pliée et soudée plusieurs fois. On obtient alors un lingot feuilleté appelé couramment acier damas mais que nous préférons nommer acier damassé.

Pour approfondir ce sujet, nous vous conseillons vivement l'ouvrage « La métallurgie artisanale » (Editions Vial), présenté dans la rubrique « Échoppe » du présent site.

Echoppe du métallurgiste

Fers et aciers
Métaux premiers obtenus par réduction directe des minerais en bas-foyer, nommés tamahagane au Japon.
Peuvent être livrés au choix, sous forme :
de loupe, de grande plaque, de petites plaquettes, de lingot brut, de lingot étiré, de lingot feuilleté, de lingot feuilleté étiré, de profilé d’acier à forger ou d'émouture, à la demande.
Peuvent se présenter aussi sous forme de languettes, de tôle fine ou de fil (instruments de musique ou artisanat), épaisseur ou section à la demande.
Uniquement sur devis.

Cuivre, airain, aurichalque
Métaux premiers obtenus par réduction en creuset des minerais.
Peuvent être livrés au choix, sous forme :
de lingot, de plaque, de tôle d’épaisseur demandée ou fil de section demandée (instruments de musique ou artisanat).
Uniquement sur devis.

Bandes et languettes d'aurichalque / Photo n°1

Bandes et languettes d'aurichalque / Photo n°2

Fils d'aurichalque

Loupe de fer

Plaquettes / Photo n°1

Plaquettes / Photo n°2

Lingot brut

Lingot feuilleté / Photo n°1

Lingot feuilleté / Photo n°2

Lingots feuilletés et étirés

Lingot terminé / Photo n°1

Lingot terminé / Photo n°2